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Rachat de crédits : ce que la mensualité qui baisse vous cache vraiment

Une mensualité divisée par deux peut coûter plus cher au total. Le calcul complet, avec un exemple chiffré, pour décider sur le bon chiffre.

Par La rédaction··10 min de lecture
Une main pose une pile de relevés de crédit à côté d'une calculatrice affichant un total
Une main pose une pile de relevés de crédit à côté d'une calculatrice affichant un total · Image générée par IA

« Divisez votre mensualité par deux » : c’est la promesse qui revient dans presque toute publicité pour le rachat de crédits. Elle est presque toujours vraie. Ce qu’elle ne dit jamais, c’est ce que cette division coûte sur la durée totale de l’opération.

La loi elle-même impose que cette information vous soit communiquée avant de signer — voir notre article sur le mécanisme du rachat de crédits. Voici comment la calculer vous-même, avec un exemple chiffré de bout en bout.

Le mécanisme, en une phrase

Une mensualité se calcule sur deux paramètres : le montant à rembourser, et la durée sur laquelle il se répartit. Allonger la durée fait mécaniquement baisser la mensualité — c’est de l’arithmétique, pas un avantage négocié. Mais chaque mois supplémentaire est aussi un mois d’intérêts supplémentaires. Le coût total du crédit, lui, dépend du taux et de la durée, dans le même sens : plus long veut presque toujours dire plus cher au total.

Un exemple chiffré, de bout en bout

Prenons un foyer avec trois crédits en cours.

Crédit Capital restant dû Mensualité Mois restants Total restant à payer
Crédit auto 12 000 € 280 € 46 12 880 €
Prêt travaux 8 000 € 195 € 44 8 580 €
Prêt personnel 4 000 € 152 € 28 4 256 €
Total 24 000 € 627 € — 25 716 €

Ce foyer paie aujourd’hui 627 € par mois, et lui reste dû, tous crédits confondus, 25 716 € au total — capital et intérêts compris — jusqu’à l’extinction du dernier crédit.

Un rachat regroupe les 24 000 € de capital restant sur une durée unique de 8 ans (96 mois), à un TAEG de 7,5 % — un ordre de grandeur cohérent avec les meilleurs barèmes de rachat sans garantie observés mi-2026, assurance emprunteur comprise.

333 €Nouvelle mensualité après regroupement dans notre exemple, contre 627 € auparavant — soit 294 € de moins chaque mois

Sur cette base, la nouvelle mensualité tombe à environ 333 € par mois — une baisse de 47 %, très proche de la promesse commerciale habituelle. Mais sur les 96 mois de l’opération, le total remboursé atteint environ 31 988 €.

Avant le rachat Après le rachat
Mensualité 627 € 333 €
Durée restante 28 à 46 mois selon le crédit 96 mois
Coût total restant 25 716 € 31 988 €

L’écart : environ 6 270 € de plus, payés sur la durée, pour une baisse de 294 € chaque mois. Ni bonne ni mauvaise affaire dans l’absolu — cela dépend entièrement de ce que ce foyer fait de la marge mensuelle récupérée, et de combien cette marge lui manquait réellement.

Un coût qu’on oublie souvent : solder les anciens crédits

Racheter un crédit à la consommation avant son terme peut déclencher une indemnité de remboursement anticipé, plafonnée par la loi à 1 % du capital restant dû si plus d’un an reste à courir, et à 0,5 % dans la dernière année. Cette indemnité n’est due que si le montant total remboursé par anticipation sur douze mois dépasse 10 000 € — un seuil que la plupart des opérations de rachat, portant sur plusieurs crédits à la fois, dépassent largement.

Dans notre exemple, les trois crédits ont chacun plus d’un an à courir : l’indemnité maximale légale s’élèverait à environ 1 % de 24 000 €, soit 240 € — à ajouter au calcul, ou à négocier, puisque rien n’oblige l’organisme à la réclamer au plafond.

Ce qui fait varier le résultat dans un sens ou dans l’autre

La durée choisie est le levier le plus puissant. Un rachat sur 6 ans plutôt que 8 réduit fortement le surcoût, au prix d’une mensualité plus haute. Faire tourner la simulation sur plusieurs durées avant de choisir change souvent la décision.

Le TAEG proposé, qui inclut l’assurance emprunteur et les frais de dossier ou de courtage — voir notre article sur le mécanisme du rachat — pèse directement sur le coût total. Deux offres à mensualité identique peuvent avoir des coûts totaux très différents selon ce qu’elles incluent.

Le motif du rachat compte aussi. Un foyer qui étouffe chaque fin de mois et risque l’incident de paiement ne raisonne pas comme un foyer qui veut simplement libérer de la trésorerie pour un projet : dans le premier cas, le surcoût peut être le prix nécessaire d’une respiration budgétaire réelle.

Ce qu’il faut retenir

La mensualité qui baisse n’est jamais le bon indicateur seul. Elle mesure un confort immédiat, pas un coût.

Le coût total du crédit, sur toute la durée, est le seul chiffre comparable entre votre situation actuelle et une offre de rachat — et la loi impose qu’il figure dans l’offre.

Les indemnités de remboursement anticipé des crédits soldés s’ajoutent au calcul, dans une limite légale connue à l’avance.

Le seul moyen d’avoir ces deux chiffres sur votre situation réelle, plutôt que sur un exemple illustratif : faire chiffrer un rachat sur votre profil et exiger que la simulation affiche le coût total, pas seulement la nouvelle mensualité.

Sources

  1. Code de la consommation — Article L312-34 (remboursement anticipé) — Légifrance — consulté le 2 août 2026
  2. Remboursement anticipé du crédit à la consommation — La finance pour tous — consulté le 2 août 2026
  3. Code de la consommation — Section 2 : Regroupement de crédits (Articles R314-18 à R314-21) — Légifrance — consulté le 2 août 2026
  4. Crédit : à quoi correspond le taux annuel effectif global (TAEG) ? — economie.gouv.fr — consulté le 2 août 2026
  5. Meilleurs taux de rachat de crédit : baromètre — Solutis — consulté le 2 août 2026

Certains liens de cet article mènent à des services de mise en relation opérés par Visibilitie, éditeur du Le Consommateur Averti — c'est ce qui finance la rédaction. Cela ne change ni le contenu, ni les chiffres cités, tous sourcés ci-dessus.